LES TROIS JUNGMANN "FRANCAIS"
En 1946, des pilotes français furent chargés de récupérer, comme "prises de guerre" des avions ex-ennemis dans le Nord de l'Allemagne. A tort ou à raison, ils jugèrent préférable de ramener des monoplans Bücker "Bestmann" que des biplans de ce constructeur. De sorte que seimeùe,t deux "Jungmann" BÜ 131D firent tardivement leur apparition dans le Registre Aéronautique de 1951.
Le premier reçut l'immatiruclation F-BCSY. Entièrement remis à neuf, il avait obtenu le certificat de navigabilité numéro 19.421 du 28 avril 1950. Tel un authentique prototype, il fut gratifié du numéro de série 01.
Propriété de l'Etat, il fut affecté à la Section de Convoyage de Saint-Cyr l'Ecole, puis au Centre National de Saint-Yan et basé à Clermond-Ferrand Aulnat. Il fut ensuite remis au Service des Domaines, alors qu'il n'avait pas atteint une cinquantaine d'heures de vol depuis sa réfection. Léon Biancotto s'en rendit acquéreur en 1958, et le fit reviser à Bernay par la Société Aéronautique Normande. Il fut peint en orange et noir. Un damier aux mêmes couleurs orna sa gouverne de direction. Durant un an, le "Jungman" posa ses roues un peu partout en France et alentour, là où son pilote participait à un meeting aérien. Il ne fut cependant utilisé dans aucune compétition internationle de voltige.
Rappelons que Biancotto remporta trois fois le Lockheed Trohpy de Coventry (qui tenait lieu de championnat de voltige) : en 1955 sur Stampe S.V.4-C, en 1956 sur Stampe "Monitor" S.R. 7-B et en 1958 sur Zlin 7-226. Le jeune champion se tuait le 29 août 1960 à Bratislava, sur le Nord N.3.202 n°16 F-BFHA, lors d'une séance d'entraînement pour le World Aerobatics Championships, organisé cette année pour la permière fois par la Fédération Aéronautique Internationale.
Après la mort de Biancotto, sa veuve revendit le F-BCSY à Nord Aviation. En 1964 enfin, le Bücker devenait la propriété de Lucien Canu, un pilote féru de voltige, au carnet de vol passablement chargé en heures. L'avion eut pour port d'attache Saint-Valéry-en-Caux au sein de k'aéro-club Cauchois? Suite à une scission de celui-ci, il émigra à Yvetot, où se créa le "G.A.Y." ou Groupement Aéronautique Yvetotais. Canu en était à la fois le Président fondateur et le chef-pilote.
En 1970, l'appareil fit son entrée dans le monde du C.N.R.A. Il troqua son état-civil de BÜ 131D n°01 pour celui de Canu 01, tandis que son immatriculation se muait en F-PCSY. Canu avait dû le re-motoriser avec un Lycoming 10-360-A3A de 180 ch. Son esthétique se ressentit de cette modification, aggravée par l'installation d'une verrière. Ceux qui assistèrent en 1976 au Rassemblement du R.S.A. à Saint-Junien purent approcher la machine. Ils furent unanimes à regretter le manque de fini de sa peinture jaune clair paraissant hâtivement appliquée.
Bien qu'étant administrativement "l'ainé" du F-BCSY, le Bü 131D F-BBXK reçut le numéro de série FR-02.
Autre prise de guerre, il subit une révision générale à l'Atelier Aéronautique de l'Air de Bordeaux au cours du quatrième trimestre 1948 et reçut le certificat de navigabilité numéro 18.861 le 11 janvier 1950. Appartenant à l'Etat, il fut prêté au Centre National de Saint-Yan.
Il disparut du Registre Aéronautique en 1956, ilavait fort peu volé, ne totalisant que 57 heures après sa réfection. Accidenté le 20 mai 1953 à Aulnat, il fut réformé le 23 mars 1956...
Différente est l'origine du troisième "Jungman" introduit en France, le F-BOHF. C'était le Do/Bü 1131B numéro 83, construit à Altenrhein par Doflug. Il fut utilisé par les Troupes d'Aviation Suisses sous le numéro A-70 avant de devenir le HB-UTS. Depuis quelque sept ans, il est la propriété de Salis Aviation, qui a eu à coeur de lui conserver sa décoration jaune et noire d'origine.